Après l’annonce d’un tarif de 50 % sur les importations de cuivre, essentiellement en provenance de pays comme le Chili, le Pérou ou la Chine par le président des USA Donald Trump, les futures sur le cuivre ont atteint un sommet historique le 8 juillet 2025, avec un prix de 5,95 USD/lb, soit environ 13 120 USD/tonne.
Cette hausse assez fulgurante qui a atteint jusqu’à +17 % intraday et +13 % à la clôture s’explique par 3 facteurs principaux :
Voyons les raisons de cette hausse du prix du cuivre impressionnante plus en détails ci-dessous.
Depuis plusieurs mois, les entreprises américaines anticipent une restriction à l’importation du cuivre, tout particulièrement dans les secteurs industriels, électriques, et celui des énergies renouvelables. Cette crainte a été amplifiée par les déclarations du président Trump et l’annonce d’un tarif de 50% sur les importations de cuivre.
Cela a eu pour conséquence l’accélération des achats par les industriels avant la mise en place des tarifs, créant une demande exceptionnelle à court terme.
De ce fait, il a pu être observé une hausse brutale des prix de +13 % en une seule séance à New York menant à une explosion du cours depuis le début de l’année avec +42 % entre janvier et juillet 2025 et un effet boule de neige spéculatif sur les marchés à terme (COMEX).
Ce phénomène de stockage préventif est un grand classique, observé de nombreuses fois sur les marchés des matières premières, l’anticipation d’une pénurie ou d’un coût plus élevé à venir déstabilise les prix en réalité bien avant que les mesures soient réellement mises en application.
Ces hausse de tarifs sont justifiés par l’administration américaine par des raisons de sécurité économique et nationale. Le cuivre est en effet un métal stratégique, indispensable dans de nombreux domaines comme l’électrification des infrastructures (réseaux électriques, batteries, véhicules électriques), la transition énergétique (solaire, éolien, bornes de recharge) ainsi que les technologies militaires et de défense.
En imposant ce tarif de 50 %, le gouvernement a pour objectif de réduire la dépendance vis-à-vis des importations, stimuler la production nationale de cuivre, encourager l’investissement dans les mines aux États-Unis ou dans des pays alliés, mais aussi relocaliser la chaîne de valeur du cuivre pour mieux maîtriser son approvisionnement dans un contexte de rivalité géopolitique de plus en plus tendu, tout particulièrement avec la Chine.
Cette stratégie sur le cuivre s’inscrit dans une politique industrielle plus large, similaire aux précédentes initiatives sur les semi-conducteurs, les terres rares ou les batteries lithium-ion.
L’un des indicateurs les plus suivis dans les marchés de matières premières est l’écart entre le prix du cuivre coté sur le COMEX (New York) et le LME (London Metal Exchange).
Le 8 juillet 2025, cet écart de cotation entre le COMEX de New York et le LME de Londres a atteint un niveau record de 2 750 USD/tonne, le cuivre se négociant en effet beaucoup plus cher sur le COMEX que sur le LME, cet écart alimente la spéculation et accentuant les flux logistiques de dernière minute, contribuant ainsi à l’augmentation des prix mondiaux.
Ce phénomène peut être expliqué par différentes raisons :
Les autres métaux surfent également sur des dynamiques de tension géopolitique, sur les déséquilibres offre/demande structurels et sur les effets consécutifs des tensions commerciales. Le paysage actuel reflète une complexité où chaque métal réagit non seulement aux fondamentaux domestiques, mais aussi aux chocs géo-économiques globaux.
Posté le samedi 14 mars 2026